top of page
Il fut un temps

IL FUT UN TEMPS

« Il fut un temps », est un recueil d’une centaine de contes et histoires, fantastiques ou poétiques, qui commencent tous par cet exorde « Il fut un temps ». Je suis parfois un homme, un objet, un élément, une notion.

 

Le lecteur passe d’un univers à un autre, de textes évoquant le XVIIIème comme la science-fiction, l’histoire d’un chou, d’un poulpe ou d’un quartier d’affaires…

Couverture par Joseph de Rosen

56 pages – Format 14X10 – Broché – couverture à rabats
Prix : 7 €

EXTRAITS

Cimarosa 

Il fut un temps où des Tziganes dansaient sur la place de Cimarosa. La Pietragrua tirait les cartes en fumant le cigare.

 

Des hommes attablés parlaient de l’Autriche, les mains posées sur les cuisses. Sous les arcades, des amants encombrés rédigeaient des lettres d’amour dans leur tête.

 

Une imprudente qui trempait un pied dans la fontaine en souvenir de sa nuit rendait envieuses les comtessinas surveillées par leurs dames de compagnie. L’amour était empli de crainte, les nuages mimaient les coquetteries des passants.

 

Les mots cachaient des tendresses que révélaient un geste, les souffrances, un regard. On argumentait sans finir ses phrases. Il faisait trop chaud pour les griefs. Un chanoine au visage long et luisant, qui essayait de ne pas voir des mains entrelacées, chassait un pigeon en explorant sa propre histoire.

 

Adossé à un pilier, un jeune homme attendait sa première peine de cœur, épelant le prénom d’une actrice imaginaire en baptisant d’une lettre chaque doigt. Des personnes austères se sentaient incomprises, des allusions rendaient mélancoliques.

 

La barbe d’un homme qui évoquait les fouilles de Cerveteri égayait une bande d’enfants. Certains parlaient de la guerre. On ne savait plus quoi demander à l’éternité.

Souvenirs 

 

Il fut un temps où je sélectionnais des épisodes de ma vie pour les vendre au marché. J’avais différents clients.

 

Les plus pressants étaient ceux qui voulaient changer de passé. Je disposais sur mon étal des scènes d’une enfance heureuse, les baisers de ma maman, des souvenirs d’anniversaire, entouré d’amis. Cela partait comme des petits pains.

 

À une petite lle qui pleurait, accompagnée de son père, j’ai cédé toutes les heures de jeux avec mon chien, ce que j’ai immédiatement regretté.

 

À un vieux garçon, j’ai vendu les souvenirs de mes premières amours, de mes irts d’été. Des scènes sportives intéressaient des malades, des séances chez le coiffeur des chauves qui repartaient le sourire aux lèvres.

J’avais amassé une petite fortune, que je gardais chez moi dans un coffre. Au bout de plusieurs années, j’ai décidé d’arrêter de travailler.

[...]
Comme je n’avais plus rien à faire, je convoquai des souvenirs, dans lesquels il n’y avait plus aucune gaieté.

CRITIQUES

« Igor Quézel-Perron nous invite à percevoir au-delà des images, c'est-à-dire à lire véritablement. Son écriture foisonnante et rigoureuse à la fois traduit la logique profonde des rêves et des contes sans en rien trahir. »

La revue Décharge — Le Magnum (dechargelarevue.com) — 15 mai 2024

“Il fut un temps“. Tous les textes de ce recueil commencent par cette même formule. On imagine l’auteur devant un album de photos et laissant remonter les souvenirs réels ou imaginaires. En effet, ce “Il fut un temps” que l’on aurait pu prendre pour un Je me souviens devient, très vite, en fait, un Il était une fois. On n’est jamais à l’abri d’une sortie de route du réel de la part de cet auteur toujours prompt à faire des “incursions dans [nos] rêves“. “Le mystère, l’inattendu se cachent, ils ne préviennent même plus“.

Mais tout cela se termine le plus souvent par un éloge de la simplicité. Dans le dernier texte, par exemple, l’auteur se prépare à un grand événement. Il se sait l’élu : “quelque chose d’assez extra-ordinaire allait advenir“. Puis, nalement, “Une châtaigne tomba d’un arbre“. Tout est dit.
Igor Quézel-Perron a une imagination foisonnante, enrichie par un sens certain du suspens mais il sait garder les pieds sur terre. Humilité contrainte ou raisonnée ?

 Robert Froger — La Toile de l'Un (latoiledelun.fr) — 12 novembre 2024

"Il fut un temps" d'Igor Quézel-Perron est placé sous le signe du conte, ou plutôt des contes. D'ailleurs, toutes les proses qui composent ce recueil commencent par "Il fut un temps". J'ai aimé lire ce recueil pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, pour ses ambiances volontiers nocturnes, ces mondes clos (boites de nuit, trou, club numérique), comme si les contes étaient des rêves perfectionnés par l'écriture.
Ensuite, par la précision des faits décrits qui contribuent, avec leurs cascades de mots, à resserrer les décors.
Enfin, comme dans les poupées russes, il arrive souvent que ces contes sont des histoires dans lesquels le narrateur raconte des histoires.

Traction brabant — poésiechroniquetamalle — 15 avril 2024

© IQPoésie
  • Facebook
  • Twitter
  • Instagram
bottom of page