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Économie

  • Photo du rédacteur: Igor Quézel-Perron
    Igor Quézel-Perron
  • il y a 8 heures
  • 1 min de lecture
Je suis pour une économie gaie. Une économie ronde et bleue. Une économie comme une balle qui rebondit et après laquelle court le chat.
Je suis pour une économie des mystères, elle serait enseignée par un enchanteur. Dans une langue ancienne, il évoquerait l'économie des nuages, de l'amour, des peut-être. Il y aurait une économie des songes, un cours où les étudiants, jeunes comme vieux, dormiraient les uns contre les autres en écoutant une musique étrange au milieu de parfums d'Orient, de rêves anciens. Puis on parlerait de l'économie du désordre, de celle du chaos parce qu'on aurait enfin compris que les richesses ne sont pas des richesses, que la demande, lasse, s'éloigne chaque jour un peu plus de l'offre. On enseignerait l'histoire de cette offre délaissée, une offre qui traverserait les continents, les océans et les déserts en tendant une sébile trop pleine. Sa course serait épiée par des consommateurs cachés derrière des buissons, à la recherche du vide. Ils ne la rejetteraient pas, ils prendraient la sébile et jetteraient son contenu à terre. On troquerait alors l'offre pour une offrande, les yeux pleins de vie, au néant à qui l'on demanderait pour vivre, des trésors sans valeur et des rêves légers comme des souffles.

Publié dans les Chroniques du çà et là

 
 

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